Tuerie de Las Vegas: les médias sous le choc

Les médias Américains cherchent encore à comprendre pourquoi un mystérieux retraité, équipé de multiples fusils d’assaut, a mitraillé les milliers de spectateurs d’un concert en plein air à Las Vegas.

Les médias américains cherchent encore à comprendre pourquoi un mystérieux retraité, équipé de multiples fusils d’assaut, a mitraillé les milliers de spectateurs d’un concert en plein air à Las Vegas dimanche dernier, faisant 59 morts et 527 blessés.

Face à de tels sinistres, les médias doivent fournir une information claire et objective. Cependant, ce rôle peine souvent à être assumé, en cas d’incident, tuerie ou autres, c’était le cas pour la fusillade de Las Vegas.

Des médias sous le choc

Sous le choc, les médias américains dénonce unanimement ce carnage

Le Wachinton Post décrit l’horreur : « ils ont vu le sang. Ils ont vu les gens tomber. Ils ont vu la star de musique country s’enfuir de la scène. Ils ont compris ce qu’ils devaient faire. Ils ont couru. Ils se sont accroupis. Ils sont tombés sur leurs filles et leurs fils ».

La tuerie de Las Vegas reproduit le même type de débat sur les médias concernant le port d‘armes aux Etats Unis.

Mais pour le média en ligne Vox, l’heure est au débat. Dans un article parfaitement documenté, Vox montre que les Etats Unis enregistrent un nombre de morts par armes seize fois supérieurs a celui de l’Allemagne ou qu’une fusillade de masse (plus de quatre victimes, tuées ou blesses, au même endroit) se produit en moyenne plus d’une fois par à travers le pays.

Dans le même contexte, le quotidien New York Times, titre l’heure est au débat : il est temps que le Congrès agisse. Plutôt que d’écrire un édito, le quotidien a opté pour un visuel sobre. Sous la forme d’un calendrier, le journal répertorie les « 477 Jours. 521 tueries de masses. Aucune action du Congrès ».

 

Les Réseaux sociaux pointé du doigt

Dans les minutes qui ont suivi l’attaque de Las Vegas, plusieurs photos de personnes identifiables, mortes ou gravement blessées, ont été partagées sur internet.

Contrairement à la règlementation française où le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) appelle régulièrement l'ensemble des médias audiovisuels à «la prudence et la protection de la dignité humaine et de la douleur des personnes», les américains ne sont pas très pointilleux à ce sujet la et ils leur restent beaucoup à faire.

Google et Facebook, les deux géants du Web par lesquels s'informent de plus en plus les citoyens américains, ont été à nouveau pointés du doigt  suite à la tuerie de Las Vegas .

Dans le cas de Facebook, une page de « Safety check », le service du réseau social permettant de faire savoir qu'on est sain et sauf, montrait un billet d'un site baptisé « Alt-Right News » qui décrivait le suspect comme un activiste de gauche détestant Donald Trump.

Quelques temps après la fusillade à Las Vegas, les réseaux sociaux ont tout de suite été le théâtre des fausses informations, des ''fake news" ont fait le tour de facebook et de Twitter.

L'une des ''fakes news" qui a tourné le plus concerne l'identité du tueur. Les twittos sont nombreux à affirmer qu'il s'agit d'un acte de terrorisme islamiste.

Le site d’information « Behind the News »  explique que la présence de "multiple terroristes musulmans" est possible.

Un autre rentre plus dans le détail en déclarant que le tireur a été identifié comme un homme de 32 ans, converti à l'islam portant le nom de Samir Al-Hajeed.

Le principal défi pour les internautes et particulièrement les journalistes est d’informer le public de façon rigoureuse et responsable, même au milieu du chaos et de l’urgence et dans des circonstances aussi dramatiques, ils doivent être considérés comme des sources fiables d’information, capables de séparer les faits des rumeurs, et les opinions des déclarations incendiaires.

 La recherche indépendante de la vérité ainsi que l’éthique du respect des victimes sont cruciales.

 Cela dit , une sensibilisation au respect du traitement des chiffres, de l’éthique du métier quant à la publication des images, à l’emploi des mots et des expressions  s'ímpose et représente une grande valeure aux internautes et essentiellement aux professionnels des médias qui ne devraient pas attendre qu’une crise ou une fusillade frappe pour savoir comment réagir.

 

 

Par Sanae Yassari

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