Un journaliste grec va comparaître jeudi devant la justice pour avoir publié une liste d'individus accusés de détenir des comptes en Suisse, une affaire qui soulève une vive émotion dans un pays en crise
Le journaliste Costas Vaxevanis, 46 ans, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Hot Doc, a été interpellé pour avoir publie samedi dans le magazine "Hot doc" une liste comprenant 2.059 noms d'individus présumés détenteurs de comptes bancaires en Suisse.
Une liste, qui a provoqué des déluges de réactions sur les réseaux sociaux, a été publiée à nouveau, lundi 29 octobre, par le grand quotidien grec Ta Néa, mais aucune poursuite n'a été annoncée contre Ta Nea, détenu par le puissant groupe Lambrakis.
La publication de Vaxevanis comprend des entrepreneurs, avocats, armateurs, médecins, commerçants, joailliers, anciens hommes politiques ou leurs proches, mais aussi des "femmes au foyer", et de nombreuses "sociétés domiciliées".
"Je n’ai fait que mon travail"
Le journaliste a affirmé l'avoir obtenue via une lettre anonyme dont l'expéditeur affirmait l'avoir reçue d'un homme politique.
Le journaliste, qui dit "n’avoir fait que son travail", "Au lieu d'arrêter les voleurs et les ministres violant la loi, ils veulent arrêter la vérité", avait commenté le journaliste Costas Vaxevanis sur son compte twitter samedi soir, avant son arrestation
Il précise avoir obtenue cette liste via une lettre anonyme dont l'expéditeur affirmait l'avoir reçue d'un homme politique
L'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) s'est inquiétée de l'arrestation du journaliste.
Selon la déléguée pour la liberté de la presse à l'OSCE, Dunja Mijatovic, "il est du devoir de la presse en tant qu'instance de contrôle de la démocratie de publier des informations sensibles".
Dans un communiqué, l’organisation a demandé aux autorités et à la justice grecque de "trouver la juste voie entre le respect de la vie privée et le droit à l'information de l'opinion publique".
Vaxevanis a reçu également le soutien de l'association Reporters sans Frontières (RSF) et des Syndicats des Journalistes Grecs.
Source: AFP et rapports




