Un journaliste somalien grièvement blessé par balles est décédé des suites de ses blessures, ce qui porte à 17 le nombre de professionnel des médias tués en Somalie depuis le début de l'année.
Mohamed Mohamud Turyare travaillait pour l'une des principales radios privées du pays, radio Shabelle. il, a reçu plusieurs balles à l'abdomen et à la poitrine, le 21octobre alors qu'il sortait d'une mosquée dans la capitale somalienne.
"Turyare est mort à l'hôpital de Medina de ses blessures la nuit dernière", a annoncé Mohamed Bashir, un collègue, précisant que son état de santé s'était brusquement détérioré dans la soirée de dimanche.
"Les responsables de la radio prévoyaient de l'évacuer pour lui faire appliquer des soins médicaux hors du pays mais malheureusement, il nous a quitté, comme les autres amis que nous avons perdus avant lui," a-t-il poursuivi.
"Turyare n'est plus là," a confirmé un proche, Adan Molaim. "Mais nous attendons désespérément de voir le jour où ceux qui tuent d'innocents journalistes seront traduits en justice."
Sans cesse confrontés à des menaces et à des actes d’intimidation, un très grand nombre de journalistes somaliens ont choisi de s’exiler.
Ceux qui sont restés en Somalie vivent dans la peur permanente d’une attaque. L’inquiétude plane désormais sur l’avenir d’une presse libre relativement récente qui pourrait bientôt disparaître.
Des journalistes pris pour cible:
Le Centre de Doha pour la Liberté des Média a dénombré plusieurs atteintes menées contre des journalistes allant de la détention arbitraire à l’attaque sanglante.
Hassan Osman Abdi, directeur du Shabelle Media Network, a été assassiné devant son domicile a Mogadiscio, le 28 janvier 2012.
Abukar Hassan Mohamoud, directeur de la station de radio Somaliweyn, abattu par deux hommes armés, le 28 février 2012, à son domicile à Mogadiscio.
Ali Ahmed Abdi, journaliste, abattu par trois hommes armés alors qu’il rentrait à son domicile, le 4 mars 2012, à Galkayo.
Mahad Salad Adanle, rédacteur en chef de la station de radio Voice of Hiran a été assassiné à Beledweyn, dans le centre du pays, le 5 avril 2012.
Farhan James Abdulle, journaliste, tué dans le village de Garsor, à proximité de Galkayo, le 2 mai 2012.
Ahmed Ado Anshur, journaliste de Radio Shabelle, tué le 24 mai 2012, à Mogadiscio.
Mohamud Ali Keyre journaliste, abbattu le 12 août 2012, à Mogadiscio.
Zakariye Mohamed Mohamud Moallim, caméraman freelance, abattu par des inconnus le 16 septembre 2012, dans le quartier de Nasib Bundo, à Mogadiscio.
Hassan Youssouf Absuge , journaliste a été abattu par balles après avoir quitté les locaux de Radio Mantaa le 21 septembre 2012.
Abdirahman Mohamed Ali, journaliste sportif pour le site Internet Ciyaarahamaanta.com, a été kidnappé au domicile de sa mère, dans la nuit du 26 septembre 2012, à Mogadiscio
Ahmed Abdulahi Farah, journaliste et photographe, abattu par balles dans la matinée du 28 septembre 2012, au sud de la capitale.
Ahmed Saakin Farah Ilyas, journaliste pour la chaîne privée Universal Television à Las Anod, dans l’Etat autoproclamé du Somaliland (nord du pays). Il a été abbattu alors qu’il rentrait à son domicile, le 23 octobre 2012.
Le Centre de Doha pour la Liberté des Médias (DCMF) condamnent fermement ces attaques et appelle le gouvernement somalien à réagir et à éradiquer la culture de l’impunité.
Entre novembre 2011 et avril 2012 , le Centre de Doha pour la Liberté des Medias a distribué 80.943 $ d'aide aux journalistes, principalement du monde arabe et d'Afrique et la Somalie avait reçu la part du lion des programmes d’aide de DCMF
Selon l’index de l’impunité dressé par le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ)http://www.ifex.org/somalia/2011/12/21/hassan_killed/fr/, la Somalie arrive au dernier rang des pires pays pour ce qui est de la lutte contre les attaques meurtrières dirigées contre les journalistes , l’année 2012, bien que loin d’être finie est déjà l’année la plus meurtrière.




