L’élection d’un nouveau président en Somalie soutenu par la communauté internationale le mois dernier est loin d’avoir calmé le jeu des ennemis des médias.
Le journaliste Mohamed Mohamud Turyare est actuellement en convalescence dans un hôpital de Mogadisco après avoir reçu plusieurs balles à l'abdomen et à la poitrine vers 18h30. Des soldats du gouvernement auraient répliqué par quelques tirs en directions des assaillants sans parvenir à les rattraper.
On ne connaît pas l’identité de ses hommes qui ont visé le journaliste dimanche soir alors qu'il sortait d'une mosquée, dans le district de Wadajir. La cause de cette attaque est également mystérieuse a expliqué à l’AFP l’un de ses proches, Mohamed Ali. « Il n'a fait de mal à personne» s’est-il désolé.
« Son état de santé s'améliore, après une intervention chirurgicale la nuit dernière, » a indiqué Adan Mohamed, un collègue.
Turyare est journaliste au groupe audiovisuel Shabelle qui comprend une station de radio et une chaîne de télévision privées. Cinq employés de ce groupe ont déjà été visés depuis le début de l’année.
Soutenu par le Centre de Doha pour la Liberté des Médias, le Syndicat national des journalistes somaliens (NUSOJ) a fait part de son désarroi et de sa consternation après l’attaque par l’intermédiaire de son vice président Abdi Aden Guled. « Nous appelons le gouvernement fédéral de mener une enquête approfondie sur la tentative d’assassinat de Mohamud et de présenter les criminels devant la justice » a déclaré Guled. http://www.nusoj.org/index.cfm?zone=/unionactive/view_article.cfm&HomeID...
L’exil ou la mort
D’autres journalistes menacés choisissent de fuir le pays comme Ahmedsadik Yusuf qui a fini par se réfugier en Ouganda où il vit un exil douloureux, loin des siens et incapable d’exercer son métier.
« Je suis sans emploi et je n’arrive pas à subvenir à mes besoins, je vis dans des conditions de misère et de désespoir » avait-il confié à DCMF en juillet dernier. Selon Yusuf, « plus de vingt journalistes somaliens on également choisit de fuir la somalie ».
Pays le plus meurtrier d’Afrique pour les journalistes, la Somalie est en état de guerre civile et sans gouvernement effectif depuis la chute du président Siad Barre en 1991. Les chefs de guerre et de mouvements islamistes sont les principaux ennemis des journalistes. 15 professionnels des médias ont été tués depuis début janvier.




