La Turquie détient le record mondial des journalistes emprisonnés, a affirmé dans un rapport publié lundi le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ), dénonçant « une des plus vastes opérations de répression de la liberté de la presse de l’histoire récente ».
Au terme d’une étude détaillée de chaque dossier, le Comité pour la protection des journalistes, a identifié 76 journalistes emprisonnés en Turquie au 1er août, dont « au moins 61 étaient détenus en relation directe avec leurs travaux publiés ou leurs activités de collecte d’information ».
Avec ce bilan, « le nombre d’emprisonnements de journalistes en Turquie aujourd’hui dépasse celui des autres pays les plus répressifs, dont l’Iran, l’Erythrée et la Chine », constate le CPJ.
Le Comité estime que « le gouvernement turc du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a mis en œuvre une des plus vastes opérations de répression de la liberté de la presse de l’histoire récente ».
Il dénonce, outre les arrestations en masse de journalistes au titre de la lutte contre le terrorisme, des « tactiques de pressions pour inciter l’autocensure » dans les rédactions.
Selon ce rapport, environ soixante dix pour cent des journalistes emprisonnés sont poursuivis pour des liens supposés avec les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), sous l’accusation « d’appartenance à une organisation terroriste ».
Les autres journalistes emprisonnés l’ont été pour leur appartenance supposée à d’autres organisations clandestines ou pour leur participation à des projets de coups d’Etat, indique le CPJ, qui souligne que plus des trois quarts des prévenus attendent encore leur jugement, certains depuis plusieurs années.
Appel à la libération des journalistes turcs
Jan Keulen, directeur du Centre de Doha pour la Liberté des Médias condamne vivement l’oppression continue du gouvernement turc, révélé par le rapport du Comité pour la Protection des Journalistes.
Il déclare : « Les journalistes ne doivent pas être la cible des autorités qui au contraire a le devoir de garantir la liberté de la presse en Turquie. Les autorités turques doivent agir de manière responsable de manière à ce que les journalistes puissent exercer leur métier librement et en toute indépendance ».
De sa part, le Comité pour la Protection des Journalistes réclame une réforme en profondeur des lois utilisées pour réprimer la presse et que « Le gouvernement turc doit libérer tous les journalistes détenus sur la base de leurs activités journalistiques
Il appelle également les autorités turques à garantir la liberté de la presse et à libérer les journalistes turcs.
Sources: DCMF, AFP




