Au moins trois journalistes ont été arrêtés cette semaine en Iran, rallongeant la liste de professionnels des médias menacés ces dernières semaines dans le pays.
Une douzaine de journalistes arrêtés en quelques semaines
Le 16 janvier les forces de sécurité iraniennes ont fait irruption chez Parastou Dokouhaki. Selon Radio Free Europe, ils auraient confisqué ses affaires personnelles, dont son ordinateur, avant de l’emmener à la prison d’Evin.
Il lui est reproché d’avoir agi contre la sécurité de son pays. Elle aurait pourtant été peu active ces dernières années à cause de nombreuses restrictions imposées aux médias depuis la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad 2009.
Dokouhaki était l’une des premières bloggeuses d’Iran connue pour son militantisme en faveur des droits de la femme. En 2005, la station de radio allemande Deutsche Welle avait attribué à son site Zan-nevesht le prix du meilleur weblog.
Deux jours plus tard, le 18 janvier, deux autres journalistes subissaient le même sort : Marzieh Rasouli et Sahamedin Bourghani.
Marzieh Rasouli est une journaliste culturelle qui collabore avec le Iran's Student News Agency (ISNA), les deux quotidiens Shargh et Etemad, ainsi que d’autres publications spécialisées dans le cinéma. Rasouli aurait été envoyée à la même prison. La police se serait également emparée de ses affaires avant de la transférer vers Evin.
L’arrestation de Sahamoddin Bourghani le même jour a été annoncée par le site d’information Kaleme.com proche du leader de l’opposition Mir Hossein Mousavi. Bourghani avait travaillé pour le journal Etemad-e Melli avant qu’il soit interdit de publication en 2010.
Journalistes et Internet ciblés par le gouvernement
Une douzaine de journalistes ont été arrêtés depuis le début du mois de janvier, à quelques semaines de la date des prochaines élections parlementaires iraniennes qui auront lieu le 2 mars.
Parmi eux Simien Nematollahi, collaboratrice du site majzooban.org et Mohammad Solimaninya, le directeur d’un réseau social professionnel iranien.
La prison n’est pas la seule menace encourue par les professionnels des médias iraniens. Le 16 janvier, la cour suprême iranienne confirmait la condamnation à mort de Saeed Malekpour, un concepteur de site arrêté en 2008 alors qu’il était venu passer des vacances en Iran.
Le gouvernement a aussi renforcé le contrôle de l’utilisation d’Internet.
En 2009, les sites de médias sociaux comme twitter, facebook et youtube étaient devenues les plateformes de la dissidence iranienne, permettant aux opposants de Mahmoud Ahmadinejad de propager leur réseau.
Selon le Centre pour la Protection des Journalistes (CPJ), l’Iran était avec la Chine le «pays qui emprisonne le plus de journalistes au monde » en 2009, la dernière année électorale avant 2012.




