L'Union européenne a exprimé jeudi ses inquiétudes pour la liberté d'expression en Thaïlande, après la condamnation d'une éditrice de site internet pour des propos jugés insultants envers la monarchie.
Chiranuch Premchaiporn a été reconnue coupable mercredi, au titre de la loi sur l'informatique, de ne pas avoir supprimé assez rapidement des commentaires postés sur le forum de son site Prachatai, en 2008. Elle a écopé de huit mois de prison avec sursis.
L'Union Européenne a salué dans un communiqué le fait que la militante n'ait pas été emprisonnée. Mais elle a exprimé "ses profondes inquiétudes sur les effets dévastateurs du verdict de culpabilité et de la condamnation sur la liberté d'expression en Thaïlande".
L'affaire Chiranuch est le dernier d'une longue liste de dossiers judiciaires qui sanctionnent des propos jugés insultants à l'égard de la monarchie.
Le roi Bhumibol, hospitalisé depuis septembre 2009 et âgé de 84 ans, jouit auprès de certains de ses sujets d'un statut de demi-dieu. Et si la famille royale n'a aucun rôle politique officiel, elle est protégée par une des législations les plus sévères du monde.
Mais le débat est devenu brûlant, voire agressif, entre ceux qui veulent maintenir la législation en l'état et ceux qui dénoncent un outil liberticide.
Le Comité américain de protection des journalistes (CPJ) a estimé jeudi que le verdict "jetait un froid sur la liberté de la presse dans le pays et rendait les sites d'informations vulnérables aux poursuites injustifiables et politiquement motivées".
Il s'inquiète de ce que les responsables de site puissent être poursuivis pour des propos "qu'ils n'ont ni écrit, ni corrigé, ni soutenu".
Les poursuites pour lèse-majesté se sont multipliées depuis le coup d'Etat militaire de 2006 contre l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, considéré par les élites de Bangkok comme un danger pour la monarchie.
Mercredi, le géant d'internet Google a qualifié la condamnation de Chiranuch de "menace sérieuse pour le futur d'internet".
Source AFP




