Réunion à Vienne sur la sécurité des journalistes

Réunion à Vienne sur la sécurité des journalistes

Le DCMF participe à la deuxième Réunion inter-agences sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité à Vienne.
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 Le président du conseil d’administration auprès du Centre de Doha pour la Liberté des Médias, Dr.Abdeljalil Alami, et Jan Keulen, directeur du Centre de Doha  participeront à la deuxième réunion inter-agences des Nations Unies qui aura lieu à Vienne, en Autriche, les 22 et 23 Novembre

Cette réunion sera organisée par l'UNESCO et l'Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), l'Organisation des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le Bureau du Haut-commissariat aux droits de l'homme (HCDH).

Pourquoi les journalistes sont-ils réduits au silence ?

Au cours des neuf premiers mois de 2012, la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, a condamné les meurtres de 95 journalistes, professionnels des médias et blogueurs, ce qui constitue une augmentation spectaculaire par rapport aux années précédentes. En outre, la Directrice générale a également noté dans son « Rapport sur la sécurité des journalistes et le risque d'impunité » que de nombreux autres professionnels des médias ont subi des attaques non-mortelles, soit des blessures, des viols, des enlèvements, des harcèlements, des intimidations, ou des arrestations illégales. Le même rapport a également mis en évidence le problème de l'impunité, ce qui signifie que les auteurs de ces crimes ne sont jamais traduits en justice. Fait inquiétant, moins de dix pour cent des cas mentionnés dans le rapport de la Directrice générale ont conduit à la condamnation des auteurs des crimes. De nombreux enjeux sont liés à la plupart des problèmes signalés par les journalistes.

La guerre est la situation la plus dangereuse à couvrir. Mais en général, dans la plupart des cas, les journalistes assassinés ne couvraient pas les zones de conflit armé, mais travaillaient sur des histoires locales dans leurs villes d'origine, en particulier liées à la corruption et autres activités illégales telles que le crime organisé et le trafic de drogues. Enquêter sur les questions des droits de l’homme est également de plus en plus dangereux, selon le rapport de 2012 du Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, Margaret Sekaggya. Même faire un reportage sur des questions d’environnement peut parfois être fatal aux journalistes.

En fait, ces journalistes rapportent le genre de nouveaux utiles à chaque citoyen comme vous et moi. Comme l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) l’indique, «le crime alimente la corruption, l'infiltration économique et politique, et entrave le développement. Et il sape la gouvernance en autonomisant ceux qui opèrent en dehors de la loi ». En effet, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, Frank La Rue, a axé son rapport de 2012 sur cette réalité, il a fait valoir que «les journalistes locaux continuent de faire face à des défis quotidiens dans des situations qui n’ont pas atteint le seuil d'un conflit armé, mais qui sont caractérisées par la violence, l'anarchie et la répression ».

Il est anormal qu’un journaliste enquêtant sur une affaire de corruption mêlant un puissant politicien ou un cartel de la drogue reçoive des menaces de mort également adressées aux membres de sa famille. Pire encore, un trop grand nombre de ces menaces dépassent le stade d'intimidation et vont jusqu’à l'élimination des journalistes - la privation la plus brutale du droit de savoir de la population. Chaque journaliste réduit au silence est une attaque contre le droit humain à la liberté d'expression, qui est un droit fondamental pour une démocratie forte, une éducation de qualité, un environnement plus sain, l’accès à la santé, et un secteur commercial transparent.

L'UNESCO a mobilisé des ressources financières et humaines pour soutenir une formation en matière de sécurité pour les journalistes du monde entier, et nous avons collaboré avec de nombreuses ONG sur la recherche et les publications à propos de sujets connexes, ainsi qu’avec des gouvernements sur la promotion de l’environnement sûr pour journalistes. Nous avons souligné l'importance de la sécurité lors de nombreux événements organisés pour la Journée mondiale pour la liberté de la presse, le 3 mai. Ces journées ont été l’occasion de mettre en évidence le fait que les assassinats de journalistes ont des ramifications bien au-delà de la douleur de la perte d’êtres humains sacrifiés - que les pertes portent atteintes à la société et au monde dans son ensemble.

L’UNESCO s’est mobilisé car le droit d’obtenir l’information et d’exprimer ses opinions est au cœur de la vie de chacun. Sur l'ensemble des agences des Nations Unies, c'est l'UNESCO, agissant pour ses 195 États membres, qui a la responsabilité particulière de promouvoir la liberté d'expression, et ses corollaires : la liberté de la presse et la liberté d'information. Mais l'UNESCO ne peut pas tout toute seule. Heureusement, d'autres acteurs des Nations Unies ont également apporté une contribution. Nous assistons déjà au déclenchement d’un dispositif de mesures qui vont dans le sens du Plan d’action de l’ONU. Bien que ce ne soit pas une solution miracle, cette impulsion révèle le meilleur côté de la communauté internationale, et contribue à sensibiliser le public et à accroître la pression pour mettre fin à l'impunité.

Pour assurer la sécurité des journalistes, le soutien et l’aide de tout le monde est nécessaire, de la part des professionnels des médias, de la société civile et des autorités nationales. Cette combinaison d’efforts peut améliorer la situation.

 

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