Les députés algériens votent la loi sur l'audiovisuel privé

Les députés algériens votent la loi sur l'audiovisuel privé

La nouvelle loi qui ouvre l'audiovisuel algérien au secteur privé, a été adoptée lundi par le Parlement, malgré de vives critiques de l'opposition.
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Le ministre de la Communication Abdelkader Messahel Image AFP

La nouvelle loi sur l'audiovisuel algérien, qui permet pour la première fois la création de chaînes de télévision privées, a été adoptée lundi par le Parlement, malgré de vives critiques de l'opposition.

Ce texte de loi met fin au monopole du secteur public sur l'audiovisuel, en vigueur depuis l'indépendance du pays en 1962.

Ouverture au privé

La loi relative à l’activité audiovisuelle votée lundi n'entrera en vigueur qu'après l'élection présidentielle du 17 avril. Elle vise à ouvrir le champ audiovisuel au secteur privé.

 Une grande évolution en Algérie où la télévision est un monopole public depuis l’indépendance du pays en 1962.

Il est vrai que depuis lors, l’essor des télévisions diffusées par satellite a notablement changé la donne.

Cette ouverture reste toutefois limitée. Elle ne concernera que les chaînes thématiques, les chaînes généralistes et d’information demeurant l’apanage du secteur public. Ces chaînes thématiques pourront toutefois se voir accorder un volume horaire de programmes d’information dans leur autorisation d’exploitation. La loi crée également une autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav). Celle-ci sera composée de neuf membres nommés par décret présidentiel dont cinq sont désignés par le président de la République et quatre par le parlement.

Ouverture sous contrôle

Cette nouvelle loi a été vivement critiquée par l'opposition qui lui reproche d'imposer aux futures chaînes de télévision privées d'être thématiques, et de limiter leurs émissions d'information.

La députée Nadia Chouiten s'est ainsi insurgée contre le droit accordé à l'autorité de régulation de retirer l'agrément d'une chaine pour "atteinte à l'ordre public".

"Cet article est source d'inquiétude pour nous parce qu'il peut servir à freiner la liberté d'information. Le sens de l'expression ordre public n'est pas très clair", a-t-elle souligné.

L'autorité de régulation a également le droit de limiter la durée des journaux télévisés dans les chaînes privées.

Pour l'heure, les membres de cette autorité n'ont toujours pas été désignés, et son rôle sera donc rempli par le ministre de la Communication, une disposition vivement critiquée par l'opposition.

Plusieurs chaînes de télévision privées existent déjà en Algérie et sont très actives. Mais en l’absence d’une loi, elles sont considérées comme étrangères par les autorités.

Face à ces critiques, le ministre de la Communication Abdelkader Messahel a considéré qu' «il est évident que dans un débat démocratique, des points de vue peuvent diverger», mais pour l'essentiel, a-t-il relevé, les enjeux que présente ce projet de loi «expriment cette volonté commune de promouvoir les idéaux de progrès et de modernité auxquels aspire la société algérienne».

 

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