Reporters Sans Frontière a rendu public, mercredi 25 janvier, le classement annuel relatif à la liberté de la presse pour l’année 2011.
La Finlande et la Norvège se trouvent en première position, alors que l’Estonie est les Pays-Bas se partagent la deuxième place.
Ce rapport a soulevé la régression de la liberté des médias dans certains pays arabes tels que la Syrie, le Bahreïn et le Yémen.
Il a également souligné la progression de ces libertés dans d’autres pays arabes en particulier la Mauritanie, le Koweït et la Tunisie.
« Répression a été le mot de l’année écoulée »
Reporters Sans Frontière a attribué ce changement au printemps arabe et a considéré que la répression a été le mot de l’année écoulée.
« Jamais la liberté d’information n’a été autant associée à la démocratie, jamais le travail de journaliste n’a autant gêné les ennemis des libertés», écrit l’organisation.
« Jamais les actes de censures et les atteintes à l’intégrité physique des journalistes ne semblent avoir été si nombreux », poursuit Reporters Sans Frontière.
Déjà très mal classée en 2010, la Syrie qui occupait l’année dernière la 173 ème place, recule encore plus en passant à la 176 ème position.
Le rapport attribue cette régression au control absolu des médias et au système de manipulation mené par le pouvoir syrien.
Le Bahreïn(173 ème) a perdu 29 places et fait partie désormais des 10 pays les plus répressifs au monde.
Au Yémen, les forces d'oppositions sont reduites au silence, et la liberté de la presse est préoccupante. Le pays est à la 171 ème place.
Pays où les révoltes ont impacté les médias
Selon l’organisation Reporters Sans Frontières, les révolutions arabes ont eu des effets différents sur le travail des journalistes.
En Tunisie, la situation tend à s’améliorer en un an, le pays a gagné 30 points. Il passe de la 164 ème à la 134 ème place.
Le classement de la Libye a également évolué, le pays passe de la 160 à 154 ème place.
Avec la chute du régime de Kadhafi, le champ médiatique libyen connait un air de liberté et de pluralisme sans précédent.
Ainsi, les révolutions dans ces deux pays ont abouti à des changements politiques qui ont sensiblement amélioré leur classement.
Toutefois, Reporters Sans Frontière estime que « les libertés acquises sont fragiles et peuvent être balayées très facilement».
Contrairement à l’Egypte où le pouvoir militaire fait perdurer les pratiques de violences à l’encontre des journalistes, les condamnations et arrestations devant les juridictions militaires ce qui a sévèrement dégradé le pays de la 127 à 166 ème place.
La Mauritanie occupe la première place parmi le monde arabe et le 67 ème rang au niveau international.
Le Maroc poursuit sa chute dans le classement de Reporters Sans Frontières. Le rapport classe le Royaume au 138 ème rang, suite à l' incarcération du rédacteur en chef du quotidien Al Massae, Rachid Nini, le 28 avril 2011.
Quant à l'Algérie, elle continue sa progression dans le classement en passant de la 133 à la122 ème position, du fait de la diminution du nombre de procès contre les journalistes.
La liberté de la presse difficilement acquise même dans les grandes démocraties
Ce rapport a démontré que les grandes démocraties ne présentaient pas toujours le bon exemple en matière de la liberté de la presse.
« Les grandes démocraties peuvent mieux faire, il y ' a la France, l’Italie, l’Espagne et les Etats-Unis », a relevé Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters Sans Frontière.
La France stagne à la 38 ème place suivi et des Etats-Unis qui occupe la 47 ème position et où plusieurs journalistes ont subi des arrestations et des brutalités de la police alors qu’ils couvraient les protestations.
Quelques bonnes surprises dans le reste du monde
En dépit de ces décéptions, le rapport a mis l’accent sur la percée de certains pays comme le Cap Vert classé à la 9 ème place, le Costa Rica qui monte à la 19 ème place et le Mali qui conserve sa 25 ème position.




