Deux journalistes du site d'information Mediapart ont été refoulés, samedi 18 février à l'entrée de Lille, où se tient la convention présidentielle du Front National.
« Quand nous sommes arrivés pour demander notre accréditation, on nous a dit que c’était impossible puis un membre du service de l’ordre nous a fermement demandé de quitter les lieux », a indiqué Ellen Salvi, journaliste à Mediapart.
Le directeur de la communication de Marine Le Pen, Bruno Bilde, a confirmé la décision d’interdire l’accès à Mediapart.
Le Front National reproche au site d’information de ne pas octroyer le même traitement médiatique au parti Le Pen qu’aux autres candidats à l’élection présidentielle.Car, le site internet n’a pas invité la présidente du Front National dans le cadre des différents entretiens qu’il a mené avec plusieurs candidats.
« Ils nous censurent, nous les censurons aussi », a annoncé Marine Le Pen, qui a justifié sa décision de refuser aux journalistes de Mediapart d’accéder à la manifestation de Lille en affirmant qu’il ne s’agit pas d’un institut de presse, mais plutôt d’un institut militant.
De sa part, le site internet affirme qu’il réalise régulièrement des articles et des reportages sur le parti du Front National.
« Leur principe de réciprocité ne tient pas. Nous ne sommes pas un parti politique, nous sommes un média qui vient faire son travail », a déploré Ellen Salvi.
A ce sujet le directeur du site Mediapart, Edwy Plenel a déclaré : «la décision d’interdire aux journalistes de Mediapart de faire normalement leur travail sur un parti politique en campagne électorale est une atteinte au droit à l’information »
Le Syndicat National des Journalistes, a diffusé un communiqué de presse dans lequel il a qualifié ces agissements « de violations à la liberté des journalistes de faire leur métier et de pouvoir couvrir un événement indépendamment de la ligne éditorial du média ».




