Le code d'éthique professionnel au Qatar

Le code d'éthique professionnel au Qatar

La presse locale au Qatar dispose-t-elle d’un code d'éthique professionnel ? Un sondage mené par le Centre de Doha pour la Liberté des Médias répond à cette question.
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Une sélection de journaux publiés au Qatar

A l'intégration du journal Péninsula à Doha, chaque journaliste doit signer et approuver un code d’honneur.

Il s’agit d’un livret de seize pages, imprimé sur papier de format A4 et composé de trois chapitres : L’éthique des journalistes, les droits des journalistes et les interdits et les obligations du personnel.

Dans une déclaration au Centre de Doha pour la Liberté des Média, le chef de la rédaction du journal Peninsula Khalid Al-Sayed a déclaré : " l’année dernière, nous avons mis terme à un contrat de l’un de nos correspondant, le journaliste en question avait signé ce document et s’est engagé à ne pas employer sa profession pour des profits personnels".

Connu sous le nom du code d'éthique professionnel, il est appliqué depuis deux ans au sein du journal Péninsula l’un des trois plus grands journaux publié au Qatar.

Un sondage mené par le Centre de Doha pour la Liberté des Médias précise que cette méthode d’autocensure est relativement fréquente.

Exercer sans code

Gulf Times, l’un des quotidiens les plus anciens au Qatar s’exprimant en anglais ne dispose pas de code d'éthique professionnel .

C’est le cas également pour Qatar Tribune, Al Watan et Al Arab comme en témoignent leurs directeurs de rédaction.

Neil Cook, redacteur en chef du journal Gulf Times précise : " nous ne disposons pas encore de code écrit, toutefois malgré l’absence de cet écrit, Gulf Times comme les autres publications transmet verbalement un certain nombre de règles aux journalistes lors de l’entrevue d’emploi".

Il poursuit : "avant mon intégration à ce journal, il y’a quatre ans, il n’y avait pas suffisamment de directives sur l’éthique de la profession ce qui a donné lieu à de graves conséquences.

Dans notre journal, nous octroyons toujours à l’autre partie le droit de réponse, seulement les institutions et les entreprises concernées ignorent nos demandes, nous avons donc adopté une nouvelle méthode qui consiste à leur accorder un délai de 48 heures, en cas de non réponse nous procédons à la publication".

Il en est de même chez Qatar Tribune, dont le directeur de la rédaction affirme : "chaque nouveau journaliste est systématiquement renseigné sur ses droits  et ses obligations car nous tenons au respect de l’éthique professionnelle".

L’absence d’une référence unifiée

Kumar Jha, directeur en chef du Golf Times, soutient la mise en œuvre d’un code réglementant le secteur des médias loin des législations répressives.

 Seulement il ajoute : "avec la présence de quatre journaux en arabe et trois en anglais en plus d’une dizaine de magazines au Qatar, l’élaboration d’un code unifié serait difficile".

A cet égard Jha confirme que la culture des médias anglais est différente de celle des médias arabes.

Et tandis qu’Al-Sayed approuve la nécessité d’un tel code, il estime que ce qui s’applique aux médias anglais ne s’applique pas nécessairement aux médias arabes.

 Les différents acteurs médiatiques, toujours en attente d’une réforme du droit de la presse en vigueur depuis 32 ans, peuvent saisir cette opportunité afin d’instaurer une nouvelle approche des médias.

Un porte parole du journal Al Watan affirme : " la presse qatarie à longtemps souffert à cause de l’absence d’un code de conduite professionnelle sa mise en place serait d’une très grande importance".

En dépit de cet enthousiasme, certaines voix confirment qu’une telle démarche n’aurait aucun impact positif sur la scène médiatique.

Cela dit, ce grand débat est loin d’être clôturé.

 

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