L'armée Nigériane renvoie deux journalistes chez eux

L'armée Nigériane renvoie deux journalistes chez eux

Un reporter français et son acolyte nigérian qui enquêtaient dans la région de Jos ont été arrêtés, interrogés puis renvoyés chez eux.
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Des manifestants à Lagos protestent contre la hausse du prix du carburant le 9 janvier2012-image AFP.

Jérémie Drieu, un journaliste reporter d'image de TF1, et le journaliste nigérian Ahmad Salkida ont été contraints par l'armée d'arrêter le tournage d'un reportage près de Jos dimanche 5 février.

Ces derniers menaient l'enquête sur les massacres de plus de 900 chrétiens revendiqués par la secte islamiste Boko Haram. Accrédités par le ministère de l'information nigérian, Drieu et Salkida ont été sommés de se rendre au centre de commande militaire où ils ont été interrogés pendant plusieurs heures. Après leur avoir reproché de ne pas avoir sollicité d'interview avec le gouverneur de la région, les militaires présents auraient passé en revue les cassettes des deux reporters.

Saldika a été accusé par l'armée de manquer de patriotisme en aidant la presse étrangère à faire la couverture des assauts anti-chrétiens.

L'interrogatoire terminé, les deux journalistes ont été escortés à leur hôtel et sommés de faire leur valise puis de quitter Jos et l'état du Plateau à la tombée de la nuit.

"La raison officielle avancée était notre sécurité, ce qui est absurde puisque faire la route de nuit est dangereux" a confié Jérémie Drieu à The Associated Press. Un porte parole de l'armée connu sous le nom de Capt Marcus lui reprochait de travailler sans autorisation, un argument erroné.

Drieu a quitté le pays deux jours plus tard et parlé d'une "fin de tournage un peu brutale à Jos" sur son compte Twitter Il a ensuite rassuré ses contacts "On a sauvé les rushes et on est rentré chez nous. Donc ça va bien, merci !"

Un spécialiste de la secte Boko Haram, Salkida avait déjà intimidé par les autorités nigérianes en 2009 après avoir interviewé l'ancien leader de Boko Haram. Il serait le seul journaliste à avoir obtenu un entretien avec un membre de la secte. Le gouverneur de l'état de Borno l'avait alors exilé vers Abuja. Il se décrit dans un article qu'il a écrit en décembre 2011 comme "la source d'information la plus crédible sur la secte"

Il y a quelques jours, le reporter Idris Akinbajo faisait part au Centre de Doha pour la liberté des médias des difficultés rencontrées par les journalistes nigérians pour exercer leur travail dans un pays rongé par la corruption

 

 

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