"La vie d’un refugié n’est pas facile''

"La vie d’un refugié n’est pas facile''

Forcé de quitter son pays après avoir été agressé, un journaliste somalien se retrouve dans des conditions de désespoir et d'insécurité.
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Ahmedsadik Yusuf

Après avoir été brutalement assailli par des agresseurs non identifiés, le journaliste somalien Ahmedsadik Yusuf a fuit son pays.

Ayant besoin d'une assistance médicale et craignant plus de violence, Yusuf partit pour l'Ouganda.

Depuis, il s’est installé à Kampala, seulement Yusuf rêve toujours de retrouver sa patrie.

Une vie pénible

La vie d’un réfugié n’est pas facile, c’est une situation de détresse qui nécessite beaucoup de force et de courage.

Je souffre d’une dépression douloureuse, j’ai tout perdu mon pays, ma famille et ma dignité.

Actuellement, je suis sans emploi et je n’arrive pas à subvenir à mes besoins, je vis dans des conditions de misère et de désespoir.

Suite à de nombreuses menaces, plus de vingt journalistes somaliens on également choisit de fuir la somalie.

Nous sommes tous en quête d'asile sans droit légal d'exercer notre travail, ni accès aux services de base et certains d’entres nous ont été contraints à vivre dans des camps de refugiés.

Deux journalistes seulement ont pu avoir le droit d’asile en Australie, tandis que les autres demandes ont été rejetées, et malheureusement les journalistes somaliens en exil n’ont pas pu bénéficier de la protection du Haut Commissariat des Nations Unies pour les refugiés.

Depuis le début de l’année, six journalistes ont été tués en Somalie et aucun meurtrier n’a été poursuivi.

J’ai perdu un certains nombre de mes collègues, tel que Abdisalan Sheikh Hassan, qui travaillait pour la chaine Horn TV, tué en décembre 2011 et Hassan Osman Abdi, journaliste et directeur de Shabelle Media Network, et Abukar Hassan Mahmoud, ancien directeur de la Radio «Somaliweyn», et Ali Ahmed Abdi, correspondant à la Radio «Galkayo» et Mahad Salad, journaliste à la station de Radio Shabelle et Farhan James Abdulle, correspondant de radio à Daljir.

Tous, ont été tués en moins de six mois. Il s'agit d'une véritable tentative qui vise à étouffer la presse libre en Somalie.

Je veux retourner dans mon pays

L’assassinat de mes collègues, m’a traumatisé et particulièrement la mort du fils de mon ami Bachir Diriya Nalyi, journaliste réfugié à Kampala.

Son fils, étudiait à la faculté de Mogadiscio, il a été récemment abattu par des inconnus.

Je suis allé à la maison de Bashir pour le réconforter et le soutenir dans cette rude épreuve, à mon arrivée, il était déjà évanoui devant la porte de sa maison. Au vu de son état lamentable, je me suis mis à pleurer.

Je présente mes condoléances les plus sincères aux familles des journalistes tués en Somalie, et je tiens à féliciter les journalistes somaliens pour leur courage et leur sacrifices, malgré les risques qu’ils encourent.

Mon pays, est depuis le début de la guerre civile en1991, le plus meurtrier d’Afrique pour les journalistes.

Un jour, je reviendrai chez moi en Somalie, pour exercer mon métier de journaliste et lutter pour la protection des journalistes et la liberté d’expression.

 

Yusuf était directeur du club des journalistes Hiran, une association locale qui œuvre pour la protection des journalistes et des droits de l'homme, basé à Baldwin, dans le centre de la Somalie. Il a également participé à la création de l'Union Nationale des Journalistes Somaliens.

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