''La Ligue des Journalistes Syriens'', la voix des révolutionnaires

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Ghassan Ibrahim

La situation très difficile des journalistes en Syrie a encouragé le directeur du Global Arab Network en collaboration avec un certain nombre de ses collègues à créer une nouvelle organisation syndicale au profit des journalistes syriens.

Ghassan souhaitait rattraper son retard et rejoindre la révolution syrienne.

Dans une interview menée par le Centre de Doha pour la Liberté des Médias Ghassan Ibrahim lance un appel à ses collègues syriens d’adhérer à cette association car selon lui « dans cette révolution le rôle des médias est capital ».

Q : Comment avez-vous pensé à créer la Ligue des Journalistes Syriens ?

Les syriens ont vécu sous un régime de sécurité autoritaire depuis que l’avènement du parti Baath qui conserve une mainmise sur les medias syriens.

Ainsi, les médias syriens ont été éraflés, de nombreux journaux suspendus, d’autres magazines confisqués. Le pire c’est que l’Union des Journalistes Syriens continue à soutenir la répression exercée par le pouvoir et le mutisme absolu des médias locaux vis-à-vis le régime de Damas qui empêche la presse de couvrir les manifestations, en interdisant les reporters de se rendre sur place.

C’est ainsi que nous avons pensé à remplacer l’Union des Journalistes car ses derniers ne différent en rien des autres services de sécurité.

Q : Quels sont les sources de financement pour l’association ?

Nous avons recours à l’auto financement, toutefois, en dépit des moyens financiers très limités nous avons réussi à concrétiser notre projet .nos adhérents sont des bénévoles qui se sont engages à transmettre la révolution syrienne au monde arabe et international.

Q : Quel est le rôle de l’association dans le maintien de la sécurité et la protection des journalistes ?

Nous nous efforçons à protéger les professionnels des médias en Syrie en en dévoilant toutes les atteintes menées à l’encontre des journalistes.

Q : Pouvez vous nous parler de votre expérience en Syrie en tant que journaliste ?

R : En l’an 2000, j’ai été diplômé de la faculté des sciences économiques de Damas. Ensuite j’ai travaillé comme journaliste spécialiste en finances et en économie mais j’ai vite réalisé qu’il fallait quitter le pays, car le pouvoir en place n’a pas laissé la moindre chance à la jeune génération sur tous les niveaux et particulièrement sur le plan médiatique.

En Syrie, le changement a eu lieu d’une dictature socialiste cloîtrée sous le régime de Hafed Al Asad à un autre système mafieux et corrompu sous le règne de Bachar Al Asad, l’économie et tout le pays s’est effondré.

Q : Que pensez-vous des médias officiels syriens ?

En Syrie, il n’existe pas de véritables médias, ceux existants s’apparentent plus à des départements du régime qui emploient tous ses dispositifs en visant la désinformation du public et le transfert de fausses informations.

Q : Pensez vous que l’association pourrait intéresser les professionnels des médias travaillant pour le régime syrien ?

Depuis le déclenchement de ces événements, Le peuple syrien à réussi à prouver qu’il était capable de diriger l’une des révolutions les plus réussies.

Les médias font partie de cette révolution.

C’est ainsi, que nous invitons nos collègues à nous rejoindre et je m’adresse aux journalistes qui ont été fidèle au régime, je leur dis : le régime Al Assad chutera inévitablement, comment allez vous vous justifier face à vos concitoyens ?

Notre méthode est basée sur des concepts démocratiques, seulement, nous ne pourrons pas collaborer avec ceux qui défendent les criminels et les corrompus à moins qu’ils ne reconnaissent leurs erreurs et rejoignent la révolution.

Q : comment jugez-vous la couverture médiatique arabe et internationale des violations de la liberté des médias en Syrie ?

R : le pouvoir syrien n’accorde aucune liberté aux médias tout au contraire avec l’avènement du printemps arabe, il a accentué sa répression.

Malgré leur rôle primordial dans le succès de la révolution, rares sont les médias qui soulèvent les abus commis a leur égards en Syrie.

Q : pourquoi avez-vous ajouté la langue arabe sur le site de la Ligue des Journalistes Syriens ?

Après le déclenchement de ces événements, nous avons décidé d’ajouter la langue arabe sur notre site car la situation a considérablement changé.Désormais, le champ médiatique arabe est plus libre.

 

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