Deux journalistes brésiliens assassinés en une semaine

Deux journalistes brésiliens assassinés en une semaine

Les journalistes Mario Randolfo et Paulo Roberto Cardoso Rodrigues avaient-ils trop d'ennemis?
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Photo du profil de Mario Randolfo Marques Lopes sur facebook.

Un syndicat de journalistes professionnels brésilien a annoncé la mort de leur confrère et fondateur du site internet Mercosul News, Paulo Roberto Cardoso Rodrigues, tué par balles dans la nuit de dimanche 12 à lundi 13 février dans l’état du Matto Grosso do Sul, une region limitrophe de la Bolivie et du Paraguay.

Cardoso était assis au volant de sa voiture dans la ville de Ponta Pora quand deux hommes en moto armés de pistolet 9mm ont tiré 12 coups sur son véhicule. Il est mort des suites de ses blessures à l’hôpital de la ville.

C’est le deuxieme journaliste brésilien assassiné en moins d’une semaine : le journaliste d’investigation Mario Randolfo Marques Lopes et sa compagne avait connu le même sort le 9 février.

Le couple aurait été enlevé par trois hommes dans leur domicile de Barra do Pirai le 8 février, emmenés vers un autre quartier – la « route du chacal »  – où ils ont été tués par balles.

Les raisons et auteurs de ces assassinats, comme celui de Paulo Roberto Cardoso Rodrigues, sont inconnus.

Des journalistes qui dérangent

Selon le Latin American Tribune, le commissaire chargée de l’enquête Clemir Vieira Junior a indiqué que l’assassinat de Cardoso a sans doute été prémédité, la victime n’ayant pas été volée.

La police chercherait des liens entre la mort de Cardoso et des menaces de mort que le  journaliste paraguayen Candido Figueredo a reçues de la part de trafiquants de drogues qui opèrent dans la région.

Mario Randolfo Marques Lopes dérangeait-il aussi ? Il était le rédacteur-en-chef du site d’information Vassouras na NetConnu pour avoir enquêté sur des affaires de corruption accusant les autorités locales de fraude, il avait été poursuivi en diffamation à plusieurs reprises.

Il avait lui-même écrit dans la biographie de sa page facebook « J'ai été poursuivi en justice pour diffamation des centaines de fois par des centaines de voyous qui ont été dénoncés dans mes articles, et n'ai jamais perdu. Je suis donc considéré comme imbattable dans les tribunaux »

« Il s’est créé un tel nombre d'ennemis qu'il est même difficile de savoir par où commencer», a déclaré le député José Mario Salomon Omena

Tentatives d’assassinat ratées

En juillet 2011, Randolfo avait survécu à une première tentative d’assassinat. Un homme avait fait irruption chez lui, à Vassouras, et tiré cinq coups à la tête.

Dans un état critique, le journaliste avait été placé sous protection policière pendant sa convalescence au centre de traitement intensif de l’hôpital universitaire de Vassouras.

La police avait ouvert une enquête qui n’a pu aboutir, faute d’éléments. Randolf avait alors décidé de quitter Vassouras et de s’installer à Barra do Pirai par crainte de représailles.

Liberté de la presse, corruption et impunité au Brésil

En 2011, le Comité pour la protection des journalistes avaient mis avant 5 meurtres de journalistes non élucidés.  Le rapport de Reporter sans Frontieres de 2011 classe le Brésil 99ème (chute de 41 places).

Randolfo affirmait vouloir lutter contre la corruption « la corruption devrait être un crime odieux (une attaque sur l'humanité) avec une peine minimale de six ans dans un régime fermé. » Le classement 2011 de Transparency International sur la corruption attribue au Brésil la mauvaise note de 3,8/10.

  

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