Des médias en Russie pourraient être considérés comme des "agents de l'étranger" au même titre que les ONG sur lesquelles une loi a été adoptée vendredi, affirme lundi le quotidien Izvestia, citant des parlementaires du parti au pouvoir Russie unie.
Selon ce journal considéré comme proche du pouvoir, des amendements à la loi sur les médias devraient être présentés à la rentrée parlementaire à la Douma (chambre basse), où Russie unie, parti présidé jusqu'à son retour au Kremlin par Vladimir Poutine, dispose de la majorité absolue.
Il s'agit d'inscrire dans la loi la notion de "média agissant dans l'intérêt d'un Etat étranger", selon la même source, qui précise que les médias visés sont ceux bénéficiant d'un financement venant de l'étranger.
"La société a le droit de savoir qui finance ces représentants du quatrième pouvoir et quelle est leur indépendance", a déclaré au journal le député Ilia Kostounov. "Je pense que l'histoire des agents de l'étranger n'est pas terminée", a-t-il ajouté.
"Nous savons qu'opèrent dans le pays différents sites d'information, journaux, magazines, dont le financement est opaque", a déclaré un autre parlementaire de Russie unie, Vladimir Bourmatov.
Pour sa part, un vice-président de la Douma, Sergueï Jelezniak, lui aussi membre de Russie Unie, a précisé à l'agence Interfax qu'il n'y avait encore aucune proposition concrète sur le sujet et qu'il ne s'agissait pour l'instant que d'une "idée".
"Mes collègues proposent de voir à quel point les informations déclarées par les médias (sur eux-mêmes),correspondent à la réalité afin de comprendre s'il faut perfectionner d'une quelconque manière la législation sur les médias", a-t-il ajouté.
La Douma a adopté vendredi une proposition de loi très controversée, qualifiant d'"agents de l'étranger" et soumettant à un contrôle renforcé les ONG bénéficiant d'un financement étranger et ayant une activité jugée "politique" en Russie.
Cette nouvelle loi s'est ajoutée à une série d'amendements adoptés ces dernières semaines comme ceux réintroduisant la qualification pénale pour la diffamation, instaurant un contrôle renforcé sur l'internet, ou durcissant la législation sur les manifestations.
L'opposition russe et les défenseurs des droits de l'Homme ont dénoncé un tour de vis répressif, après les poursuites judiciaires, perquisitions et interrogatoires.
AFP




