Un caméraman de la chaîne de télévision libanaise Al Jadeed a été tué lundi par des tirs à la frontière avec la Syrie où il se trouvait avec deux de ses confrères.
Ce triste incident a profondément marqué ses deux collèguesHussein Khreiss et Abed Khayat qui se trouvaient avec lui.
Des attaques en série
Né en 1981, le photojournaliste Abdou khayat, a surmonté de nombreuses brutalités, des violences corporelles et verbales, des arrestations jusqu’à l’assassinat dont il a été témoin et qui l’a poussé après un parcours de dix ans dans le domaine du photojournalisme à annoncer sa démission de la profession.
Phobie de la caméra
«Je continuerai à travailler mais pas en tant que photographe, je préfère m'éloigner m'éloigner du terrain pour rejoindre les bureaux de la télévision Al Jadid», a t- il déclaré au Centre de Doha pour la Liberté des Médias.
Lui, qui a tant aimé ce domaine depuis son jeune âge, il attribue sa décision de se désister du photojournalisme, à sa phobie de la caméra.
Suite aux violences qui ont débuté par son arrestation avec son collègue Firas Hatoum dans l'affaire de l’assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri, pour une période de quarante-cinq jours « pour être rentré dans la maison du témoin Zuhair Siddiq sans autorisation préalable », en plus des innombrables et graves crises qu’ a connu le pays et qui ont été vécues par Khayat.
« C'était les trois heures les plus difficiles de toute ma vie, j’ai échappé à la mort par miracle, une pluie de balles s’est abattue sur nous »,
A travers son discours, Abed exprime son profond mécontentement face au gouvernement libanais qui n'a pas pris une position officiellevis à vis ce crime.
Il déclare: « le gouvernement libanais devrait condamner avec fermeté cet acte qui de toute apparence était délibéré et les auteurs de ce crime doivent être traduits en justice ».
« Des politiciens, des analystes et même certains journalistes avaient confirmé que notre équipe se trouvaient dans une zone militaire connue par des accrochages réguliers, dans une tentative pour justifier la réaction du côté syrien, ce qui est totalement faux. Les coups de feu de l’armée syrienne était un avertissement mené contre la chaine de télévision à laquelle nous appartenons et rien d'autre», a-t-il commenté.
« Ali était toujours prêt à mettre sa vie en danger au service de son travail il espérait toujours mourir sur le sol du sud libanais. Il se sentait comme un futur martyre de la résistance, mais, malheureusement, il n'a pas été tué par l'ennemi israélien.
L’Ironie du sort a fait qu’il soit tué dans le nord et par les coups de feu de l’armée syrienne. Lui, qui n'hésitait pas à la défendre et à manifester son attachement pour elle et pour son chef ».
Il conclut : « le journalisme est un métier risqué, plein de dangers et aucune partie au Liban n’œuvrent pour protéger les professionnels des médias.Nous nous estimons heureux d’appartenir à cette chaine qui demeure notre ultime protecteur ».




